Mères porteuses, recherche sur embryon, assistance médicale à la procréation, médecine prédictive… Ces expressions inquiètent autant qu’elles portent en elles un fabuleux espoir médical pour l’humanité.
La révision des lois bioéthiques adoptées en 2004, sera l’un des grands débats parlementaires de ce printemps.
En effet les États généraux de la bioéthique lancés au premier semestre 2009, ont amorcé ce dossier qui reprend en compte la centaine d’auditions d’experts médicaux, philosophiques et religieux. Trois colloques régionaux réunis à Rennes, Marseille et Strasbourg et un national à Paris en juin 2009 ainsi qu’un forum sur Internet, ont alimenté ce débat. Les catholiques, protestants, juifs, musulmans et les courants maçonniques ont aussi participé par des synthèses à cette contribution. La Fédération protestante de France a rappelé la dimension relationnelle de l’individu face à Dieu qui s’inscrit dans un projet basé sur la liberté et la responsabilité de chacun.
Les parlementaires devront statuer sur le maintien ou pas, à titre dérogatoire, de la recherche embryonnaire. Le clivage est fort, tant chez les politiques que pour les protestants, en fonction du statut et de la valeur accordée à l’embryon : est-il un être humain en devenir, sans projet parental ? Pour les catholiques, le caractère sacré de la vie interdit toute recherche dans ce domaine.
L’assistance médicale à la procréation nécessite une grande vigilance pour éviter la tentation d’une sélection humaine. Cette assistance doit-elle être réservée à des situations médicales de stérilité ou peut-elle être une réponse à un désir d’enfant, de couples hétéro ou homosexuels ? La plupart des experts rejettent le projet de mère porteuse, constatant qu’il relève plus d’une marchandisation du corps que d’une libération.
Ce débat sur les enjeux bioéthiques nous interpelle sur ce qui constitue notre humanité, nos relations envers les autres, en définitive sur le sens que nous accordons à la vie.
La FPF a lancé un appel « à la modération dans la mise en œuvre de techniques lourdes, coûteuses et potentiellement discriminatoires ». Une trop grande partie de la population mondiale n’est pas concernée directement par ces recherches médicales. L’urgence de besoins élémentaires de survie est prioritaire pour un milliard d’individus : malnutrition, absence d’eau potable, séisme… Haïti nous le rappelle dramatiquement ! Daniel Cassou