À la fin du mois de mai, l’Église de Troyes se rendra à Celle, une ville de Basse-Saxe où elle sera reçue par les membres de l’Église réformée
Ce voyage paroissial fait suite à deux temps forts vécus à Troyes. D’abord, la visite d’une petite délégation de Celle accompagnée de leur pasteur, Andreas Flick – également président de la Société allemande des Huguenots – les 15 et 16 octobre derniers. Ensuite, le goûter des aînés le 29 janvier, autour d’une table conviviale pleine de délicieux gâteaux, de thé et de café…, a été marqué par la présentation du diaporama sur l’histoire mouvementée de l’Église réformée de Celle (d’origine huguenote), ainsi que sur la ville de Celle, située à 40 km au Nord-Est de Hanovre, et sa région. Le déplacement du mois de mai sera un nouveau pas dans l’approfondissement des relations et pour une meilleure connaissance.
Un passé chargé d’histoire
Connue dans la région pour son centre ville pittoresque, Celle est l’ancienne résidence des ducs de Brunswick-Lunebourg. Un traité y fut conclu en 1679 entre la France et la Suède : ce traité complétait celui de Nimègue. Aujourd’hui, c’est une fort jolie ville de 70 000 habitants, au milieu d’un paysage vallonné et boisé de conifères, avec ses maisons à colombage restaurées, son château, et ses commerces. Elle garde beaucoup de charme. La région plus au Nord est constituée par la « Lande de Lunebourg », paysage de bruyères et de genévriers. Un Musée ou Mémorial rappelle l’histoire et l’emplacement du sinistre camp de concentration de Bergen-Belsen, édifié dans ce paysage… témoin de cet horrible passé. Si l’on remonte plus loin dans l’histoire de cette région, il convient de rappeler que les ducs de Brunswick étant au XVIe siècle devenus luthériens, la région est passée au luthéranisme.
Une Église d’origine huguenote
La Réforme calviniste est introduite par Éléonore Desmier d’Olbreuse, jeune poitevine huguenote de petite noblesse, qui épousa en 1663 le duc de Brunswick-Lunebourg. Par sa descendance, Éléonore est l’arrière-grand-mère du roi Frédéric II de Prusse et la grand-mère du roi George II d’Angleterre. Après la Révocation de l’Édit de Nantes en 1685, la duchesse accueille trois cents exilés poitevins et charentais réformés fuyant les persécutions de Louis XIV et, en 1686, la paroisse française réformée est fondée. Le culte réformé a d’abord lieu dans le château. En 1696, un lieu de culte est autorisé et construit dans un nouveau quartier. Le « temple » est inauguré en 1700 et le culte y est célébré en français. Des témoignages de cette époque subsistent : sur les murs du temple sont accrochés des panneaux de bois comportant en français les Dix Commandements, le sommaire de la Loi et un verset du Psaume, 147,7 (Chantez l’Éternel). Peu à peu, les générations suivantes ne pratiquent plus le français. En 1805, on décide d’un commun accord la fusion de l’Église réformée de langue française avec l’Église réformée de langue allemande créée en 1709. Dorénavant le culte a lieu en langue allemande.
La paroisse réformée actuelle comporte 1 250 membres (environ 600 familles).
Aspects pratiques
Pour participer au voyage l’inscription se fait auprès du pasteur Thomas Mentzel. Il est nécessaire de verser des arrhes. Le prix de l’ensemble du voyage n’excèdera certainement pas 60 €.
Le transport se fera en voitures privées, moyen le plus pratique et le plus économique. Le coût de l’essence sera simplement divisé par le nombre de passagers. Sur place, l’hébergement sera assuré par les familles d’accueil de la paroisse locale. Marcel Mbenga, d’après les articles de
Françoise Baron et Thomas Mentzel
parus dans le bulletin local de Troyes