Il arrive que les conflits nous éprouvent
au point que nous perdions pied.
Il arrive que nous peinions à marcher,
comme en terrain mouvant,
engagés sur des chemins que nous n’aurions jamais choisis de nous-mêmes.
Il arrive que nous soyons déstabilisés
au point que la vie paraisse aussi fugace
qu’un peu de poussière à la merci du moindre souffle.
Il arrive qu’il ne reste qu’une fidélité aride
dans la prière, même la plus simple,
dans la méditation de la Bible,
même la plus rugueuse.
Il arrive aussi, après coup,
quand se lève sur notre vie un jour nouveau,
quand vient le temps où l’on découvre que tout cela est derrière,
et que finalement, étonné,
nous avons traversé ;
Il arrive que nous découvrions
combien sous le sable de nos peurs,
Tu étais là,
Jésus,
comme un roc solide qui nous tenait debout.
Et alors au plus profond de l’être peut surgir une parole,
Encore maigre filet d’eau ou déjà rivière jaillissante,
Mais, certaine, obstinée, limpide,
Une parole qui donne corps et vie et voix à tous nos « je crois » :
Je crois que tu es là Père, même si je l’ai parfois oublié
Je crois que ton Esprit me guide
et nourrit mon cœur de la présence de ton Fils
qui me fait frère des nombreux fils et filles de ton amour.
Pierre-François Farigoule,
pasteur à la Fraternité Mission Populaire de Nantes