Mon Dieu, je voudrais tant pouvoir t’oublier.
J’ai fait tout ce que je pouvais pour me débarrasser de toi.
Je voudrais tant pouvoir marcher pour moi, sans toi ;
vivre pour moi, sans toi ; me battre pour moi, sans toi.
Mais, que veux-tu, je n’y peux rien, tu es et restes pour moi
une blessure secrète, persistante et tenace, à l’intérieur de moi.
Cette blessure, mon Dieu, elle ne me quitte pas.
Je ne crois pas qu’elle vienne de moi. Les blessures que je me donne,
dans mes passions et dans mes combats, tôt ou tard,
elles se referment ou bien, tôt ou tard, elles s’infectent.
Non, cette blessure, ô mon Dieu, je crois qu’elle vient de toi.
Parce que jamais elle ne se referme. Parce que jamais elle ne s’infecte.
Elle est de sel et de feu. Elle me purifie, et elle m’élève au-dessus de moi-même.
Cette blessure, elle est ce qu’il y a de meilleur en moi.
Elle est mon chemin, ma vérité, ma vie.
Oui, vois-tu, mon Dieu, au nom de cette blessure, je resterai toujours là,
planté devant toi pour te demander d’être là.
Oui, mon Dieu, où que tu disparaisses, je te suivrai à la trace,
même si tu devais ne plus laisser de trace.
Oui, mon Dieu, quand bien même tu ne serais plus que l’ombre de toi-même ;
je resterai encore l’ombre de ton ombre.
Car, vois-tu, je continuerai à croire en toi,
quand bien même tu me prouverais que tu n’existes pas.
Comprends-moi. Ce n’est pas ma faute si je crois en toi.
C’est pourquoi, je t’en supplie, aie pitié de moi.
Ne me quitte pas.
Amen
Alain Houziaux
Pasteur à Paris-Etoile